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Le coup de foudre mène t-il à l’amour ?

Le coup de foudre mène t-il à l’amour ?

coup de foudreRomantiquement attribué à la frappe de la flèche de Cupidon, le coup de foudre serait en fait, le résultat d’un signal puissant envoyé à notre cerveau par un tout petit nerf nommé : le nerf zéro.

Cheminant entre la base du crâne et le nez, ce nerf blanc, longtemps ignoré par le corps médical,  serait l’équivalent d’un GPS personnel capable de  reconnaître LA ou LE bon partenaire amoureux parmi toutes les personnes que nous rencontrons.  Formidable outil connecté au cortex, son rôle consisterait à détecter la compatibilité des gènes de reproduction entre deux individus, nous permettant ainsi d’affirmer sans l’ombre d’une hésitation : «C’est elle!  C’est lui!»

Différence des genres oblige, la femme serait plus encline à interpréter la sensation explosive qui l’envahit lors du coup de foudre, comme un appel à l’Amour, alors que chez l’homme, le message serait perçu comme la manifestation d’un désir libidinal fougueux.

Mais, dans les deux cas, tout aura commencé par un regard. Regard d’abord surpris, étonné, saisissant qui fera place au ravissement, à l’euphorie puis au questionnement. «L’autre ressent-il la même chose que moi ? »

Convient-il de croire que le coup de foudre doit nécessairement être réciproque et qu’il mène tout droit à l’amour?

Malheureusement, l’attraction peut se manifester unilatéralement,  provoquant parfois de grandes déceptions.  Car une fois l’alerte du nerf zéro déclenchée,  la fusion de deux êtres n’est possible que si elle est motivée par une attirance physique mutuelle.

Dès l’instant où les protagonistes se sont repérés, s’installe alors un dialogue silencieux ponctué de gestes, de mimiques et de coups d’œil que chacun essaie de décoder. Moments magiques où les prouesses des jeux de séduction servent à bonifier les sensations exaltantes d’un bonheur naissant.

À une époque, pas si lointaine,  cette parade charmante pouvait durer un certain temps. On se fréquentait et on se courtisait dans l’espoir de se découvrir et d’apprendre à se connaitre. Les convenances et les coutumes régissaient ainsi les comportements amoureux. Elles s’attachaient à freiner l’assouvissement des plaisirs de la chair au profit de la reconnaissance et du développement de sentiments plus profonds. Les nombreuses rencontres platoniques, souvent empreintes de toutes sortes de galanteries,  permettaient au couple en devenir de maintenir l’élan du coup de foudre et de construire une relation amoureuse sincère, en dehors des simples passions éphémères.

Aujourd’hui,  hommes et femmes sont si prompts à satisfaire leurs pulsions et à combler leurs désirs, qu’ils se propulsent presque instantanément dans des relations très intimes afin de répondre à ces besoins pressants. Dans une confusion généralisée, coup de foudre, désir, passion, sexe, fantasme et amour se mélangent.

Certes, la libération des mœurs a permis aux couples de s’affranchir de toute autorité moralisante pouvant réprimer l’expression d’une sexualité enrichissante.  Mais n’a-t-elle pas, par la même occasion, dissoute toute trace de pudeur, celle-là même qui inspire le respect et l’admiration, éléments fondateurs de relations durables ?

Il ne faut pas oublier que si  le coup de foudre nous permet de repérer le bon partenaire, au-delà des mécanismes physique et chimique,  il existe tout un processus intellectuel qui sert à confirmer le choix de ce partenaire. Et ce choix inclut nécessairement les notions de sincérité, de préférence et d’exclusivité.  Je te choisis, car je te préfère, tu es unique à mes yeux et je ne veux nul autre que toi. Ainsi, le couple se créé.

Alors que l’amour culmine en tête du palmarès des aspirations, tant chez les hommes que chez les femmes,  la question est de savoir si, une fois le coup de foudre passé, nous faisons vraiment le choix d’aimer ?

Cet article a été publié sur le HuffingtonPost